
Travailler avec l’intelligence du vivant

L’intelligence est-elle nécessairement artificielle pour être efficace ? Du mouvement des arbres aux réseaux invisibles du microbiome, le vivant manifeste une intelligence qui échappe aux modèles linéaires et nous invite à repenser notre relation au monde.
Chaque fois que nous nous connectons en ligne, l’intelligence artificielle (IA) est présente. Que nous le voulions ou non, l’IA est en train de devenir une composante de notre quotidien. Dans de nombreux cas, elle est extrêmement pratique – la machine sait pour nous ! Dans d’autres situations, elle peut sembler presque inquiétante – comment la machine peut-elle savoir cela ? Et alors surgit la question : existe-t-il d’autres formes d’intelligence que l’IA ?
Il y a l’intelligence du vivant. Les arbres sont des témoins vivants des rythmes qui régissent l’année ; ceux-ci sont impulsés par des forces cosmiques. Ils sont également réceptifs aux rythmes plus courts, en particulier aux rythmes de la Lune. L’organisme cosmique pulse avec le soleil en son cœur et les arbres vivent en résonance avec cette intelligence cosmique.
Ce qui, à l’échelle cosmique, devient perceptible pour notre pensée rationnelle habituelle, devient également compréhensible, à l’échelle microscopique, grâce aux recherches sur le microbiome. Il existe une vie microbienne située sous le seuil de visibilité, qui relie entre eux tout ce qui semble séparé. Ces micro-organismes relient par exemple, de manière extracellulaire, les racines des plantes au sol. Mais ces micro-organismes peuvent aussi pénétrer dans les tissus cellulaires au niveau des racines des cheveux et agir à l’intérieur des cellules. L’idée selon laquelle les êtres vivants individuels existeraient côte à côte, séparés par des frontières nettes, est actuellement profondément remise en question.
À l’échelle macroscopique comme à l’échelle microscopique, apparaît un monde de relations, de rythmes et de résonances. Le vivant n’est pas un objet, mais un processus ; il n’est pas centré, mais périphérique ; il n’est pas linéaire, mais cyclique. Cela ne signifie pas qu’il soit imprécis ou flou. Bien au contraire : il est plus précis que nous ne l’avons jamais imaginé. Il est intelligent.
Pouvons-nous nous appuyer sur cette intelligence du vivant dans les domaines de l’agriculture, de l’alimentation ou de la médecine ? Je crois que nous pouvons apprendre à le faire. Cela exige de mobiliser notre propre intelligence humaine : une intelligence créatrice, capable d’entrer en dialogue avec le vivant. Elle ne s’oppose pas seulement à l’intelligence artificielle ; elle la dépasse en ouvrant un espace de liberté, fondé sur la volonté de coopérer avec les processus du vivant et de les accompagner de manière consciente.
Adaptation française
Camille Ablard & ÆTHER X
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