ÆTHER
Site archéologique avec des structures en pierre et des colonnes, entouré de terre et de rochers.
PREMIUMagriculture11 mn de lecture39 lectures

La Terre est la substance même de notre destin

par Ueli Hurter28 août 2026
Göbekli Tepe, Şanlıurfa, Turquie. CC BY-SA 3.0

Notre incarnation s'inscrit dans l'histoire d'une planète dont le destin paraît étroitement lié à celui de l'humanité. La « Terre Mère » devient alors le corps qui nous accueille et le karma, l'un des fils qui nous relient à elle.

L’expérience primordiale est celle de l’unité : une unité entre soi et le monde. Peu à peu émerge la dualité : l’enfant et la mère, le moi et le monde, l’être humain et la Terre. Chaque matin, au réveil, il est possible de tenter de saisir cet instant où le moi se détache à nouveau du continuum originel de l’expérience, où le monde et moi nous faisons face comme deux réalités distinctes. Cet éveil à la dualité se renouvelle tout au long de la vie. Il constitue une expérience archétypale de l’être humain conscient de lui-même. Je me souviens, par exemple, d’un moment de jeunesse où, allongé dans une prairie et regardant le ciel, je réalisai soudain que les nuages se déplaçaient tandis que moi, je demeurais immobile. À l’échelle de l’humanité, cette prise de conscience s’est manifestée lors du passage de la vie nomade des chasseurs-cueilleurs à la sédentarisation, il y a environ douze mille ans. Un site archéologique majeur en témoigne : Göbekli Tepe, situé sur le haut Euphrate, dans l’actuelle Anatolie orientale, en Turquie. Sur une colline dominant la plaine, des édifices circulaires ont été creusés dans le sol calcaire. Douze stèles de pierre s’y dressent verticalement ; chacune est surmontée d’une large traverse horizontale, formant un T qui évoque une silhouette humaine. Entre les stèles court un banc, destiné à accueillir la communauté. Au centre, se tiennent deux stèles plus imposantes, ancrées dans une dalle rocheuse. L’impression qui s’en dégage est saisissante : elles ne semblent pas surgir de la terre, mais avoir été envoyées depuis le cosmos divin. L’ensemble du sanctuaire exprime ceci : je me tiens ici, je me détache de l'enchevêtrement de la vie horizontale qui suit son cours dans le paysage, au milieu des animaux, je suspends le temps et je pose un point dans l'espace. Moi – ici et maintenant – debout et dans le présent. Je fais face au monde terrestre.

Cet article est réservé aux abonnés PREMIUM

Abonnez-vous pour lire cet article et accéder à la bibliothèque complète des textes réservés aux abonnés PREMIUM.

L’abonnement donne aussi le téléchargement de beaux PDF en un clic et le partage d’articles Premium avec vos amis.

Découvrir l’abonnement

Vous avez déjà un compte ? Se connecter

0 commentaire

Connectez-vous pour rejoindre la discussion.

Aucun commentaire pour l’instant. Lancez la discussion !

À découvrir