ÆTHER
Cœur rouge contenant des cercles concentriques orange et blancs, avec une silhouette humaine suspendue en haut et un serpent enroulé autour d’un œil central.
PREMIUMessais5 mn de lecture247 lectures

Hilma af Klint : art, conscience et connaissance spirituelle

par Jean Pierre Ablard20 mars 2026
Hilma af Klint, Colombe, groupe IX, partie II, no 8, 1915, huile sur toile, 154 x 127 cm © Courtesy of the Hilma af Klint Foundation / photo The Moderna Museet, Stockholm

Longtemps ignorée, Hilma af Klint apparaît aujourd’hui comme une pionnière de l’abstraction. Or son œuvre dépasse l’innovation formelle : elle explore les liens entre art, spiritualité et conscience, et cherche à rendre visibles des dimensions du réel situées au-delà de la perception ordinaire.

Redécouverte en 1986 à l’occasion d’une exposition présentée à Los Angeles sous le titre The Spiritual in Art, Abstract Painting 1890-1985, Hilma af Klint (1862–1944) occupe aujourd’hui une place majeure dans l’histoire de l’art moderne. Son œuvre est cependant restée longtemps dans l’ombre, alors qu’elle est désormais reconnue comme une pionnière de l’abstraction. N’a-t-elle pas, en effet, développé un langage non figuratif dès les premières années du XXe siècle ? Cependant, réduire ses recherches à une simple avancée formelle serait insuffisant. L’œuvre d'Hilma af Klint, comme celle du reste de ses « frères en abstraction », Vassily Kandinski ou Piet Mondrian, s’inscrit avant tout dans une recherche sur la conscience, le spirituel et les dimensions de l’existence présentes au-delà du champ du visible. Son art ne vise pas uniquement à représenter le monde, mais à révéler des niveaux de réalité situés au-delà de la perception ordinaire.

Hilma af Klint naquit dans une famille qui accordait une grande importance aux sciences (ingénierie de marine, cartographie, mathématiques, etc.). L’intérêt d’Hilma pour les sciences s’étendit aussi à la botanique et à la biologie. Formée à l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm, elle maîtrisa d’abord parfaitement la peinture naturaliste, comme en témoignent les portraits, paysages ou illustrations botaniques qu’elle peignait avec aisance, mais de façon somme toute assez conventionnelle. La période qui suivit sa formation fut pour elle l’occasion de se tourner vers une approche davantage postimpressionniste. Elle s’y consacra un temps avant de révéler, de façon très inattendue, une autre facette d’elle-même...

Cet article est réservé aux abonnés PREMIUM

Abonnez-vous pour lire cet article et accéder à la bibliothèque complète des textes réservés aux abonnés PREMIUM.

Découvrir l’abonnement

Vous avez déjà un compte ? Se connecter

0 commentaire

Connectez-vous pour rejoindre la discussion.

Aucun commentaire pour l’instant. Lancez la discussion !

À découvrir